8 - NATURE ET ENVIRONNEMENT

Pourquoi protéger le Fierloz ?

Pourquoi le sauver du désastre d’une carrière ?

Parce que le Fierloz est unique !

 

Unique par sa géologie : cité dans le guide de la géologie en France comme « l’un des plus beaux lapiaz de France ».

Citons l’étude d’impact écologique fournie par l’entreprise Famy : « cette région située à la charnière entre le Valromey au nord et le bassin de Belley au sud offre une grande diversité biologique au regard de la juxtaposition des climats propre à chaque entité » et ils veulent la détruire !

 Cet espace dont le classement a été refusé à la commune d’Artemare est entouré de Zones naturelles d’intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF) citons les  ZNIEFF 0114 Valromey, 011400020 cascade du Seran ou celle de Pont Navet ou des pelouses sèches de bosses !

 L’étude menée par l’ANCEM pour le compte de l’entreprise Famy fait le recensement d’un nombre important d’animaux et de plantes remarquables comme l’Ail joli (Allium Colloratum) dont la présence a obligé le pétitionnaire à modifier le périmètre de la demande de carrière et l’oblige à solliciter auprès de l’administration une dérogation à la destruction d’espèces protégées !

La commune d’Artemare, qui souhaite protéger durablement ce massif remarquable a fait réaliser, en 2009 par Ecosphére, un diagnostic écologique qui montre le grand intérêt pour les pelouses sèches et les lapiaz du Fierloz.

Cette étude montre que sur les 189 espèces végétales recensées 27 (soit 15%) sont considérées comme remarquables, 2 sont inscrites au livre rouge national (espèces à surveiller).Que sur les 21 espèces d’oiseaux potentiellement nichantes, 17 sont protégées nationalement dont l’engoulevent d’Europe et la perdrix rouge.

Le Fierloz est également le territoire de chasse du circaète Jean-le-blanc. 8 espèces de chauves souris et bien sur des reptiles dont la vipère aspic bien connue des riverains du massif. Sans compter les insectes dont le recensement n’a fait l’objet d’aucune étude mais qui semblent eux aussi notables.

Voici les conclusions de cette étude :

Le massif du Fierloz abrite une diversité d’habitats liée à ce plateau lapiazé et aux conditions de sècheresse locale.

Les pelouses sèches basophiles sont remarquables de par leur diversité et leur rareté, pour certaines en limite d’aire de répartition.

Il faut noter qu’une évaluation de ce type est basée sur les groupes animaux et végétaux qui ont été recensés. Les conclusions pourraient être quelque peu différentes s’il avait été possible d’étudier d’autres groupes : lichens, champignons, araignées, mollusques... Il est possible qu’une telle approche ait conduit à une évaluation plus élevée des enjeux représentés par le lapiaz et ses fissures.

Il est également possible d’ajouter aux critères d’évaluation utilisés une « approche fonctionnelle » concernant l’état des écosystèmes.

De ce point de vue, les milieux liés aux lapiaz sont remarquables parce qu’ils sont en équilibre avec les conditions écologiques, ce qui est de moins en moins souvent le cas dans nos paysages artificialisés.

Notons enfin que cette évaluation ne porte que sur la faune et la flore et non sur l’intérêt géologique et paléontologique du site.

Le Fierloz est parcouru par de nombreux promeneurs mais également par des VTT et des cavaliers qui empruntent le sentier balisé GR balcon du Valromey pour profiter de cette nature préservée et étonnante de diversité. L’office du tourisme du Valromey Retord le vante d’ailleurs dans ses brochures.

Alors si comme le  dit la société Famy dans son dossier de demande d’autorisation : « L’étude du projet et de ses incidences ne doit pas être jugée exclusivement au regard de l’atteinte à la propriété privée, mais principalement par rapport à l’atteinte à l’environnement considéré comme un bien collectif »

Et bien, vu la valeur du bien, nous serions sacrément floués !

 Refusons ce projet de carrière et classons ce site pour le protéger aujourd’hui et pour les générations futures.


 


OBSERVATIONS BIOLOGIQUES SUR LE FIERLOZ PAR Mr Marc PHILIPPE, maître de conférence à l'Université Claude Bernard de Lyon,

à l'issue de sa visite du Fierloz, le 10 novembre 2014 avec 16 étudiants de la licence professionnelle "Analyse et techniques d'inventaire de la biodiversité".  Voir document PDF ci dessous " DOC UNIVERSITE LYON".

 

 

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Collectif Fierloz,
15 févr. 2015 à 13:58
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